L'hystérectomie m'a redonné goût à la vie. Voici pourquoi j'en parle.

|Dorothée Dinne| Durée de lecture : 3 min

Certaines décisions médicales font peur, en grande partie parce qu'on n'en entend parler que lorsque les choses tournent mal. Clémence, graphiste freelance de 43 ans, a décidé de briser ce silence. Il y a un an, elle a subi une hystérectomie pour traiter des fibromes utérins qui perturbaient sa vie depuis des années. Aujourd'hui, elle va bien. Et c'est précisément pour cela qu'elle partage son histoire.

Les fibromes : d'abord discrets, puis envahissants

Tout a commencé après la naissance de son fils, qui a aujourd'hui 11 ans. Clémence portait un stérilet en cuivre et ses règles étaient déjà un peu plus abondantes, mais gérables. Lors d'une échographie de routine, son gynécologue a repéré deux fibromes, dont l'un était situé très près de l'endomètre. La conclusion : surveiller l'évolution.
Clémence ne s'est pas trop inquiétée. Elle avait l'habitude de règles plus abondantes. Mais progressivement, sans vraiment s'en rendre compte, la situation s'est dégradée. Elle a manqué une année de suivi gynécologique. Et pendant ce temps, les fibromes ont continué de grandir.

« Je planifiais déjà tout une semaine à l'avance. Je doublais mes protections. Avoir quinze minutes de retard pour me changer suffisait pour devoir refaire toute ma tenue. »
Jusqu'à six changements de protection par jour. Des réveils nocturnes. Une fatigue physique et mentale qui s'est installée peu à peu. Le télétravail lui offrait une certaine flexibilité, mais même à la maison, cette vigilance constante pèse lourd.

Choisir l'hystérectomie

Lorsqu'elle est retournée voir son gynécologue, les fibromes avaient évolué. Il lui a présenté deux options : des interventions répétées pour retirer les fibromes, ou une hystérectomie. Clémence et son mari venaient de décider de ne pas avoir de second enfant. Cette certitude a tout changé.
Elle a choisi l'hystérectomie. L'intervention a été réalisée par cœlioscopie, avec trois petites incisions près du pubis, ne laissant presque aucune cicatrice visible. Son gynécologue lui a accordé deux délais de réflexion pour confirmer sa décision.

La convalescence, puis un véritable sentiment de liberté

Un mois complet de repos. Pas de port de charges lourdes, pas d'activité physique intense. En revanche, la marche était encouragée pour favoriser la circulation. Clémence a subi une hystérectomie avec conservation des ovaires, ce qui signifie que son cycle hormonal est resté intact.
Et après ? Sa qualité de vie a complètement changé. Les activités qu'elle avait fini par éviter discrètement, elle pouvait les refaire. La planification constante, les règles abondantes, les interminables tournées de linge : tout cela appartient désormais au passé.
Elle décrit cette expérience comme un « déménagement » émotionnel. Un peu de nostalgie, comme lorsqu'un enfant quitte la maison. Mais aucun deuil. Et une certitude : l'opération n'a en rien changé la personne qu'elle est.
« On m'a retiré l'utérus, pas ma féminité. »

Ce qu'elle veut que les femmes sachent

Une hystérectomie reste une opération majeure, avec de vrais risques et des conséquences à mûrir soigneusement, y compris des modifications physiologiques dans la zone pelvienne. Ce n'est pas une décision à prendre à la légère, et ce n'en est pas la bonne réponse dans toutes les situations, en particulier en cas d'endométriose.

Mais Clémence tient aussi à dire autre chose : combien il est important d'être actrice de sa prise en charge, de ne pas hésiter à changer de praticien si l'on ne se sent pas écoutée, et de parler à des femmes qui sont passées par là.
Grâce à la plateforme Fâmme, elle a été mise en contact avec une femme qui envisageait une hystérectomie mais hésitait encore, submergée par les témoignages négatifs trouvés en ligne. Elles ont discuté pendant une heure. Quelques semaines plus tard, cette femme l'a recontactée pour lui dire que cette conversation avait tout changé.

« Les gens ont tendance à s'exprimer quand ça se passe mal. Quand tout va bien, ils continuent leur vie. Mais ces histoires-là comptent aussi. »
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Ces informations sont fournies à des fins éducatives uniquement et ne remplacent pas un avis, un diagnostic ou un traitement médical professionnel. Consultez toujours un professionnel de la santé qualifié pour des problèmes de santé spécifiques, en particulier si les symptômes sont graves, soudains ou accompagnés de fièvre ou de saignements abondants.

Notre engagement
Dorothée Dinne

Dorothée Dinne

Fondatrice @ Fâmme

Fondatrice de Fâmme, ancienne geek passionnée de tech devenue militante pour la santé des femmes. J'ai passé plus de 15 ans en tant que designer produit et directrice artistique, mais la plus grande révélation de ma vie est venue de mon propre parcours de 30 ans face aux douleurs ignorées et au mépris médical. Aujourd'hui, je bâtis Fâmme, un écosystème sur mesure qui met les femmes en relation avec des professionnels de santé de confiance et un véritable soutien. Je suis maman, installée en Belgique et convaincue que la technologie doit être au service de l'empathie, et non la remplacer.

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Foire aux questions

Que sont les fibromes utérins et quels symptômes provoquent-ils ?

Les fibromes utérins sont des excroissances bénignes (non cancéreuses) qui se développent dans ou sur la paroi de l'utérus. Ils sont très fréquents, en particulier chez les femmes entre 30 et 50 ans. Beaucoup de femmes ont des fibromes sans le savoir. Lorsque des symptômes surviennent, les plus fréquents sont des saignements menstruels abondants ou prolongés, une pression pelvienne, des envies fréquentes d'uriner et, dans certains cas, des douleurs. L'intensité des symptômes dépend de la taille, du nombre et de l'emplacement des fibromes. Les fibromes situés près de l'endomètre ont tendance à provoquer des saignements plus abondants.

L'hystérectomie est-elle le seul traitement contre les fibromes ?

Non. L'hystérectomie est une option parmi d'autres. Les autres traitements comprennent la myomectomie (ablation chirurgicale des fibromes tout en préservant l'utérus), l'embolisation des artères utérines et, dans certains cas, une gestion hormonale. La bonne approche dépend de la taille et de l'emplacement des fibromes, de la gravité des symptômes, du désir ou non de préserver sa fertilité, ainsi que de l'état de santé général. L'hystérectomie est généralement envisagée lorsque les autres options n'ont pas fonctionné ou lorsque la personne a fondé sa famille et souhaite une solution définitive.

Qu'est-ce qu'une hystérectomie conservatrice des ovaires et cela provoque-t-il la ménopause ?

Une hystérectomie conservatrice des ovaires consiste à retirer l'utérus tout en laissant les ovaires en place. Étant donné que les ovaires continuent de produire des hormones, ce type de chirurgie ne déclenche pas de ménopause chirurgicale. Les règles s'arrêtent définitivement puisqu'il n'y a plus d'utérus, mais le cycle hormonal se poursuit normalement. C'est une distinction importante à comprendre avant de prendre une décision, car une hystérectomie totale incluant l'ablation des ovaires a des conséquences hormonales très différentes.

Quelle est la durée de la convalescence après une hystérectomie cœlioscopique ?

Le temps de récupération varie en fonction de l'approche chirurgicale et de chaque individu. Après une hystérectomie cœlioscopique (chirurgie mini-invasive), il est généralement conseillé aux femmes de se reposer pendant environ quatre semaines, en évitant le port de charges lourdes et l'activité physique intense. Des marches légères sont encouragées dès le début pour favoriser la circulation. De nombreuses femmes reprennent leurs activités quotidiennes dans un délai de quatre à six semaines. La guérison interne complète prend plus de temps, généralement entre six et huit semaines. Votre équipe chirurgicale vous donnera des indications spécifiques en fonction de votre situation.

Comment savoir si une hystérectomie est la bonne décision pour moi ?

Il n'y a pas de réponse unique. L'hystérectomie est une intervention définitive aux implications physiques et parfois émotionnelles, qui doit être mûrement réfléchie avec un gynécologue qui prend votre situation au sérieux. Les questions clés à explorer inclut : D'autres traitements ont-ils été essayés ? La fertilité est-elle toujours une priorité ? Quels sont les risques spécifiques dans votre cas ? Discuter avec des femmes qui ont vécu cette intervention peut également aider, non pas pour remplacer un avis médical, mais pour comprendre ce à quoi ressemble réellement cette expérience. Si vous avez l'impression de ne pas être écoutée par votre praticien actuel, demander un deuxième avis est toujours une option valable.