Tout a commencé après la naissance de son fils, qui a aujourd'hui 11 ans. Clémence portait un stérilet en cuivre et ses règles étaient déjà un peu plus abondantes, mais gérables. Lors d'une échographie de routine, son gynécologue a repéré deux fibromes, dont l'un était situé très près de l'endomètre. La conclusion : surveiller l'évolution.
Clémence ne s'est pas trop inquiétée. Elle avait l'habitude de règles plus abondantes. Mais progressivement, sans vraiment s'en rendre compte, la situation s'est dégradée. Elle a manqué une année de suivi gynécologique. Et pendant ce temps, les fibromes ont continué de grandir.
Choisir l'hystérectomie
Lorsqu'elle est retournée voir son gynécologue, les fibromes avaient évolué. Il lui a présenté deux options : des interventions répétées pour retirer les fibromes, ou une hystérectomie. Clémence et son mari venaient de décider de ne pas avoir de second enfant. Cette certitude a tout changé.
Elle a choisi l'hystérectomie. L'intervention a été réalisée par cœlioscopie, avec trois petites incisions près du pubis, ne laissant presque aucune cicatrice visible. Son gynécologue lui a accordé deux délais de réflexion pour confirmer sa décision.
La convalescence, puis un véritable sentiment de liberté
Un mois complet de repos. Pas de port de charges lourdes, pas d'activité physique intense. En revanche, la marche était encouragée pour favoriser la circulation. Clémence a subi une hystérectomie avec conservation des ovaires, ce qui signifie que son cycle hormonal est resté intact.
Et après ? Sa qualité de vie a complètement changé. Les activités qu'elle avait fini par éviter discrètement, elle pouvait les refaire. La planification constante, les règles abondantes, les interminables tournées de linge : tout cela appartient désormais au passé.
Elle décrit cette expérience comme un « déménagement » émotionnel. Un peu de nostalgie, comme lorsqu'un enfant quitte la maison. Mais aucun deuil. Et une certitude : l'opération n'a en rien changé la personne qu'elle est.
« On m'a retiré l'utérus, pas ma féminité. »
Ce qu'elle veut que les femmes sachent
Une hystérectomie reste une opération majeure, avec de vrais risques et des conséquences à mûrir soigneusement, y compris des modifications physiologiques dans la zone pelvienne. Ce n'est pas une décision à prendre à la légère, et ce n'en est pas la bonne réponse dans toutes les situations, en particulier en cas d'endométriose.
Mais Clémence tient aussi à dire autre chose : combien il est important d'être actrice de sa prise en charge, de ne pas hésiter à changer de praticien si l'on ne se sent pas écoutée, et de parler à des femmes qui sont passées par là.
Grâce à la
plateforme Fâmme, elle a été mise en contact avec une femme qui envisageait une hystérectomie mais hésitait encore, submergée par les témoignages négatifs trouvés en ligne. Elles ont discuté pendant une heure. Quelques semaines plus tard, cette femme l'a recontactée pour lui dire que cette conversation avait tout changé.
« Les gens ont tendance à s'exprimer quand ça se passe mal. Quand tout va bien, ils continuent leur vie. Mais ces histoires-là comptent aussi. »
Ressources
Sources en anglais
Sources francophones