À partir du 1er octobre,
La France met en place un système de remboursement pour les culottes menstruelles réutilisables destiné aux moins de 26 ans et aux femmes en situation précaire, et respectant des normes de qualité. Quand j'ai vu cette information, ma première réaction a été la suivante : « Tant mieux pour elles ! Mais qu'en est-il de la Belgique ? »
J'ai donc cherché l'équivalent belge et voici ce que j'ai trouvé. La liste complète des liens se trouve à la fin de ce court article.
Ce qui est facile à comprendre : il n'y a pas de prise en charge nationale.
Le RIZIV/INAMI ne prévoit aucune disposition spécifique concernant les produits d'hygiène menstruelle. Ce qui existe est assez disparate : cela passe en partie par les mutuelles, en partie par certaines communes, et il y a pas mal de lacunes entre les deux :)
Mutuelles : ce qu'elles prennent en charge (ou non)
La Mutualité Chrétienne offre jusqu’à 75 € par an. Partenamut, jusqu’à 25 €. Solidaris ne propose pas de prise en charge directe des produits d’hygiène menstruelle, mais rembourse les moyens de contraception et soutient la distribution gratuite par l’intermédiaire de ses organisations partenaires. La ML vous remboursera jusqu’à 30 euros si vous avez acheté le produit via sa boutique et si vous avez entre 12 et 25 ans.
Si vous disposez d'informations plus récentes, n'hésitez pas à me le faire savoir.
Communes : une carte très inégale
À Bruxelles, seul le quartier d'Etterbeek a mis en place une aide financière pour les produits menstruels réutilisables : jusqu’à 50 €, couvrant 50 % du prix d’achat, versée en Broebel (la monnaie locale de la commune). Seules les serviettes hygiéniques réutilisables et les culottes menstruels sont éligibles.
Dans le Brabant wallon, Lasne et Rixensart remboursent jusqu’à 75 € (50 % du montant de la facture), tandis que Mont-Saint-Guibert rembourse jusqu’à 50 €. Les produits éligibles varient selon les communes : coupe menstruelle, culottes menstruels, serviettes hygiéniques réutilisables.
Dans la province de Liège, j'ai trouvé des informations contradictoires, mais vous pourriez trouver de l'aide via un projet appelé « Sang toi Libre »
En région flamande, la seule information que j'ai trouvée concerne la ville de Maldegem, qui distribuait des produits d'hygiène menstruelle dans les toilettes de sa maison communale et de ses écoles secondaires.

Ce que cela m'a appris
Pour être honnête, ce que cela nous apprend, c’est aussi ce que ça ne nous apprend pas. Je ne savais pas que certaines mutuelles prenaient en charge les produits d’hygiène menstruelle. Je n’avais jamais entendu dire que certaines villes et communes proposaient parfois une aide. Cela pourrait nous indiquer que ce qui manque réellement, c’est une initiative nationale et structurée visant à permettre aux personnes qui en ont le plus besoin d’accéder à ces produits si coûteux.
Il ne s'agit pas vraiment d'une critique à l'égard des communes ou des mutuelles qui déploient de réels efforts. Mais en l'absence d'un cadre national, l'accès à ces services est très inégal.
Pour celles qui n'ont accès à rien de tout cela
Ces aides financières partent du principe que vous disposez du budget nécessaire pour acheter les produits dans un premier temps, puis demander leur remboursement par la suite.
Or, 30 % des personnes ayant leurs règles à Bruxelles sont confrontées à la précarité menstruelle. Pour elles, avancer 50 € est souvient bien compliqué.
C’est pourquoi des initiatives comme Bruzelle sont si importantes. Cette association à but non lucratif basée à Bruxelles collecte des produits d’hygiène menstruelle et les redistribue gratuitement, dans le respect de la dignité, sous forme de kits d’aide préparés par des bénévoles. Elle organise également des ateliers de couture communautaires pour confectionner ensemble des pochettes et des culottes menstruels. Je vous la recommande vivement, même si vous ne savez pas coudre.
En savoir plus sur
bruzelle.be
La liste complète des liens